« Le clan de Walden » : Catherine Meurisse fait mouche avec sa nouvelle fable écologique
Avec « Le clan de Walden », Catherine Meurisse transforme la retraite d’Henry David Thoreau en aventure collective, drôle et inquiète. Dans cette bande dessinée à l’encre de Chine, la nature n’est pas un décor : elle est un monde vivant qu’il faut défendre. Le résultat fait sourire, puis laisse une question en tête : qui protège les lieux dont nous dépendons ?
« Le clan de Walden », une fable écologique autour de Thoreau
Dans l’Amérique de 1845, Henry David Thoreau détonne. Peu attiré par l’essor industriel, ce jeune philosophe choisit de bâtir une cabane près de l’étang Walden, dans le Massachusetts, pour vivre au rythme des saisons et cultiver sa nourriture.
Mais la solitude ne dure pas. Des animaux du voisinage le rejoignent et s’unissent pour protéger leur coin de nature, bientôt menacé par un projet de barrage. Meurisse fait de cette défense un récit d’aventure, où l’engagement prend des airs de joyeuse résistance !
Catherine Meurisse revisite Walden avec humour et liberté
L’album s’inspire très librement de « Walden ou la vie dans les bois », récit publié par Thoreau en 1854 après son expérience en forêt. L’autrice ne cherche pas à en proposer une adaptation fidèle : elle reprend son désir de simplicité et le confronte à une menace collective, celle d’un aménagement qui bouleverse un milieu naturel.
Le trait à la plume et à l’encre de Chine donne à l’ensemble une vraie présence. Les petites irrégularités du dessin, que Meurisse apprécie pour les accidents qu’elles produisent, participent au charme de l’album. Rien de lisse ici, et c’est tant mieux.
Thoreau, mort en 1862, reste une figure majeure de la pensée écologique et de la désobéissance civile. Son idée d’une vie plus attentive au monde naturel résonne encore, sans que l’album se transforme en leçon. Il préfère faire passer ses questions par les situations, les rencontres et les décalages comiques.
Une bande dessinée tournée vers la défense du vivant
Après plusieurs albums autobiographiques, Catherine Meurisse choisit ici de mettre en scène des personnages de fiction. Ce déplacement lui permet de parler du vivant, notion plus large que celle de nature, et de donner envie aux lecteurs de rejoindre une lutte commune.
Le récit ne sépare pas les humains des animaux, ni l’humour de la gravité. La menace du barrage rappelle que les décisions d’aménagement ont des effets concrets sur les habitats et les communautés qui y vivent. La fable avance ainsi sans discours pesant : elle montre ce qui se joue quand un territoire est traité comme une simple ressource.
De l’autobiographie à une lutte joyeuse
Ancienne dessinatrice de presse à Charlie Hebdo, Meurisse a longtemps travaillé à partir de son expérience personnelle. Avec « Le clan de Walden », elle prend une autre voie : elle s’efface derrière une galerie de personnages et invite chacun à regarder ce qui l’entoure.
Cette distance change le ton, pas l’intention. L’humour rend la défense du vivant accessible, tandis que le groupe formé autour de Thoreau rappelle qu’un désaccord peut devenir une action commune. Voilà la force de cette fable : faire de l’écologie une aventure à partager.
Source: fr.style.yahoo.com
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.

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