« Si j’étais payé à l’heure, je serais millionnaire » : Vincent fait vivre un métier d’art devenu rare
À Saint-Lô, Vincent Mahy restaure des livres dont certains ont traversé les siècles. Relieur depuis dix ans à la tête d’AMP Reliures, il travaille au forfait : « Si j’étais payé à l’heure, je serais millionnaire », lance-t-il avec humour. Dans un métier d’art devenu rare, il consacre aussi du temps à transmettre ses gestes.
Vincent Mahy, relieur à Saint-Lô, restaure des livres de toutes les époques
Avant d’intervenir, Vincent observe l’ouvrage. Il évalue son état, repère ses fragilités et choisit la méthode adaptée : restaurer un livre, explique-t-il, demande autant de jugement que de précision.
Son parcours s’est construit autour de l’histoire et de la protection du patrimoine. Après avoir appris la reliure, l’épigraphie et la paléographie à l’université, il a travaillé dans plusieurs ateliers, notamment à Paris et Strasbourg.
De retour dans la Manche, il démarre chez lui en 2013 ou 2014 comme autoentrepreneur. La demande grandit rapidement, jusqu’à l’achat de son atelier en 2016. Aujourd’hui, il reçoit aussi bien des ouvrages anciens que des bandes dessinées de collection, des archives familiales ou des documents précieux pour leurs propriétaires.
Un travail minutieux, souvent chargé d’histoire
Certains objets ont une valeur qui ne se mesure pas au prix du papier : livrets de famille, actes de mariage, documents généalogiques ou cartes militaires. Une restauration réussie leur permet de durer, sans effacer les traces de leur histoire.
Le temps passé varie selon chaque ouvrage. C’est pourquoi Vincent facture au forfait, plutôt qu’à l’heure. Certaines journées se prolongent tard, mais il tient à cette liberté de choisir ce qui convient le mieux au livre.
Un métier d’art rare que Vincent Mahy veut transmettre
Le savoir-faire est devenu moins courant, constate le relieur. Les personnes capables d’enseigner ces techniques traditionnelles sont désormais peu nombreuses, alors que les ouvrages à préserver, eux, ne manquent pas.
Son atelier accueille des personnes en reconversion et des professionnels qui veulent approfondir leur pratique. La formation au CAP Arts de la reliure comprend dix modules de 24 heures, soit 240 heures entre septembre et mai.
Delphine, 28 ans, travaille déjà comme relieuse dans une médiathèque. Elle suit les cours pour compléter ses compétences et, peut-être, se tourner ensuite vers la restauration. Pour Vincent, transmettre ces gestes est une manière concrète d’éviter que le métier ne disparaisse.
Source: actu.fr
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.



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