Traduire la bande dessinée en Asie orientale : dialogues interculturels, bulles narratives et défis de traduction (Paris Nanterre & en ligne
Traduire la bande dessinée en Asie orientale n’est pas qu’une affaire de mot à mot. C’est un vrai travail d’équilibriste entre cultures, formats et attentes des lecteurs. Paris Nanterre organise en avril 2026 un colloque hybride qui s’annonce déjà passionnant.
La traduction des bandes dessinées en Asie orientale : un défi au cœur du dialogue interculturel
Transposer une bande dessinée japonaise, coréenne ou chinoise, c’est jongler avec les images et le texte, deux formes d’expression qui s’entrelacent. Chaque bulle, chaque onomatopée renferme des clés culturelles parfois très fines, qui demandent une grande finesse de traduction. Là où l’humour ou un jeu de mots tombent à plat, la magie se perd vite ! On ne traduit pas seulement des mots, mais des sensations, des références qui n’ont pas forcément d’équivalents directs ailleurs.
L’espace visuel occupe une place capitale dans les BD asiatiques. Le sens de lecture diffère par exemple : le manga japonais se lit de droite à gauche, ce qui complique l’adaptation en langues occidentales. La gestion de la taille des bulles ou du lettrage n’est donc jamais anodine. Le traducteur doit tenir compte des contraintes graphiques et éditoriales tout en restant fidèle au récit d’origine.
Plus qu’un simple transfert linguistique, la traduction s’inscrit aussi dans un dialogue entre cultures souvent proches mais distinctes. Par exemple, un manga traduit en chinois ou en coréen ne s’adapte pas qu’au langage : il doit aussi refléter un ajustement aux sensibilités locales, parfois même à la censure stricte de certains marchés.
Enjeux spécifiques de la traduction des bulles et des dialogues
Les dialogues dans les BD asiatiques sont souvent denses, entre humour, références culturelles et émotions filtrées par une esthétique particulière. Traduire l’humour, par exemple, peut se révéler un casse-tête. Certaines blagues reposent sur un double-sens ou un jeu de mots qui ne peuvent pas être traduits littéralement. Il faut alors inventer une adaptation qui garde l’esprit de l’original sans trahir le texte.
La traduction des onomatopées ajoute une autre couche de complexité. Ces sons traduits en caractères qui peuvent varier d’une langue à l’autre participent à la dynamique de la lecture visuelle. Une solution unique n’existe pas, car elle dépend du public ciblé et des normes de chaque pays.
Parfois, le traducteur se trouve à la croisée du texte et de la bulle narrative, où il doit faire en sorte que l’histoire reste cohérente dans son ensemble. C’est là qu’intervient la notion de localisation : adapter les références culturelles pour que le lecteur local les comprenne, sans altérer le message profond.
Normes éditoriales et censure : influence sur l’adaptation et la traduction
Les maisons d’édition dictent souvent des règles strictes sur les formats, le contenu et même le style de dessin. Ces normes créent des contraintes supplémentaires pour les traducteurs. Par exemple, le format de lecture change souvent — du sens de lecture à droite vers la gauche, à un sens moderne plus occidental — obligeant à retravailler parfois toute la mise en page.
La censure, parfois très présente, modifie aussi le contenu. Certaines scènes, dialogues ou références culturelles sont supprimées ou adoucies pour être acceptables dans le pays cible. Cette réalité de terrain modifie parfois le message original. Le traducteur n’est pas simplement un passeur linguistique, il devient un filtre entre cultures et parfois un arbitre du message.
Dans ce contexte, on comprend combien la position du traducteur est délicate. Il doit rester fidèle, tout en tenant compte des impératifs éditoriaux et culturels. Cela demande une bonne connaissance non seulement des langues, mais aussi des us et coutumes des publics visés.
Focus sur les traditions graphiques : manga, manhua, manhwa
Les bandes dessinées japonaises (manga), chinoises (manhua) et coréennes (manhwa) ont chacune leurs codes visuels et narratifs. Cela entraîne des défis spécifiques à chaque style lors de la traduction.
Le manga est souvent marqué par des bulles très expressives et un lettrage fluide qui joue avec l’espace. En comparaison, le manhua privilégie parfois davantage la couleur et un style plus libre. Le manhwa peut ajouter un format webtoon avec des défilements verticaux, ce qui modifie complètement l’expérience de lecture.
Chacun de ces styles appelle une méthode adaptée pour maintenir la cohérence du récit et l’impact visuel. Le traducteur doit donc s’approprier ces traditions pour réussir le travail d’adaptation — sans quoi le résultat risque de perdre en authenticité.
Pourquoi participer au colloque international sur la traduction de la bande dessinée en 2026 ?
Ce rendez-vous de l’université Paris Nanterre en avril 2026 est une occasion rare d’échanger sur ces questions cruciales. Les intervenants viendront de plusieurs pays, apportant un regard croisé sur les pratiques de traduction de la bande dessinée dans l’espace sinophone, japonais et coréen.
Le colloque sera hybride, mêlant interactions en présentiel et interventions en ligne — parfait pour un partage ouvert. Il invite chercheurs, traducteurs, éditeurs et passionnés à confronter leurs expériences. On y trouvera des études de cas, des réflexions sur les stratégies d’adaptation et les enjeux éditoriaux.
Cette journée d’étude permettra aussi de mieux comprendre la place du traducteur dans la chaîne de production, entre fidélité au texte et liberté d’adaptation. Une vraie ressource pour qui s’intéresse à la traduction, la bande dessinée ou simplement aux échanges culturels en Asie orientale.
Source: www.fabula.org
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
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