« Soli Deo Gloria » : la bande dessinée au rythme universel de la musique !
« Soli Deo Gloria » s’impose comme une œuvre majeure dans le paysage de la bande dessinée contemporaine. Cette fresque graphique fait vibrer la musique comme un langage universel, au cœur d’une Europe baroque déchirée. Le récit explore, avec des traits puissants, la fragilité de l’art face à la brutalité du monde.
Lauréat du prix BD Fnac – France Inter, ce roman graphique de près de 300 pages est le fruit de quatre années de travail patient. La musique n’est pas qu’un décor ; elle devient un véritable souffle qui traverse toute la narration. Un voyage sensible et exigeant s’ouvre aux lecteurs prêts à s’immerger dans cet univers.
Un récit hors norme qui met la musique au cœur de l’histoire
Au début du XVIIIᵉ siècle, les jumeaux Hans et Helma, orphelins issus du milieu paysan, incarnent cette quête où la musique peut sauver une existence. Leur talent révèle les contrastes d’une Europe fragmentée par la guerre et la pauvreté. La musique, loin de se limiter aux notes, agit comme un miroir de la condition humaine, avec ses éclats de beauté et ses ombres pesantes.
Cette fresque s’appuie sur une libre inspiration autour de figures historiques telles que Bach ou Vivaldi. Mais les terres et personnages, malgré leur apparence inventée, portent l’empreinte profonde de cette période troublée. Ce mélange de fiction et réalité donne une dimension universelle au récit et lui confère une forte résonance aujourd’hui.
Une structure rythmée à la manière d’une partition musicale
Le découpage en neuf chapitres rappelle celui d’une grande composition classique. Le récit suit un tempo variable, des silences profonds aux accélérations rythmées, reflétant les mouvements d’un concerto. Ce procédé donne au lecteur une expérience immersive et différente d’un simple récit linéaire.
Cette construction particulière joue aussi avec le temps narratif, qui se fond dans le flux incarné par la musique. On sent que chaque page, chaque page trouée, chaque saut de cadre participent à cette dramaturgie sonore. La bande dessinée devient alors un espace où la lecture se fait à la fois visuelle et presque vibratile.
Un dessin puissant entre gravure ancienne et modernité
Édouard Cour signe une œuvre qui transpose l’émotion en noir et blanc avec maîtrise. Le trait rappelle l’art de la gravure d’antan mais intègre des inspirations multiples : de la bande dessinée franco-belge aux comics, en passant par le manga et même la musique électronique. Le résultat est un style à la fois riche et surprenant.
Sans jamais représenter la musique de façon littérale, le dessinateur l’évoque par des formes abstraites. Des éclairs de lumière ou des ruptures de mise en page donnent au silence une présence presque palpable. C’est cette alliance subtile qui invite à ressentir la musique plutôt qu’à la voir.
L’art comme refuge fragile et ultime rempart contre la violence
« À Dieu seul la gloire », la devise de Bach qui donne son nom au livre, symbolise cette force et cette humilité. Pourtant, le livre ne cède jamais à l’illusion que l’art pourrait tout guérir ni protéger de l’oubli. Il illustre plutôt cette tension entre la fragilité de la création et les violences de l’Histoire.
La dernière scène, muette et grandiose, force à l’enfermement dans une réalité où la gloire est toujours éphémère. Sous les ors de Rome, même le sublime ne peut esquiver sa fin. Cette nuance enrichit le roman graphique et évite la simple célébration en en faisant une méditation sur le rôle de l’artiste.
Source: www.francenetinfos.com
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
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