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«Les Singes» : une bande dessinée captivante qui plonge au cœur des tensions familiales et du doute

Par Aurore , le 18 janvier 2026 à 08:04 - 4 minutes de lecture
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«Les Singes» est bien plus qu’une simple bande dessinée. Ce thriller familial signé Yann Le Bec explore le doute, le soupçon et les non-dits au sein d’une famille en apparence ordinaire. L’atmosphère est lourde, presque hitchcockienne, et chaque page respire la tension.

Ce roman graphique, publié chez Dupuis, raconte l’été compliqué de Manon, une jeune femme revenue chez ses parents. Sous la chaleur accablante, les conflits éclatent petit à petit, révélant des blessures profondes et une relation paternelle difficile.

Avec 144 pages, l’album mêle habilement suspense psychologique et chronique familiale, où le regard tient une place centrale.

Les tensions familiales au cœur du récit de «Les Singes»

L’intrigue de «Les Singes» tient dans un huis clos étouffant où chaque échange est chargé de mots tus. Manon, étudiante à Bordeaux, revient sous le même toit, mais rien n’est comme avant. Entre son père nostalgique et un foyer traversé par des silences pesants, l’ambiance s’alourdit rapidement.

Le jeu d’imitation des singes, souvenir d’un passé plus doux, se transforme en métaphore de l’innocence perdue. Ce geste simple prend un poids immense face à la difficulté de communiquer et à l’émergence des rancunes. Ces souvenirs semblent presque irréels face au malaise actuel.

L’auteur capte parfaitement ces petites ruptures du quotidien qui, cumulées, fragilisent les liens du sang. On ressent une vérité brute, celle des familles où les blessures ne cicatrisent pas facilement.

La complexité des relations père-fille dans une atmosphère lourde

Yann Le Bec ne se contente pas d’une enquête classique. Son objectif est clair : interroger le regard. Que voit Manon ? Que cache son père ? La distance entre eux s’incarne dans des gestes quotidiens, presque rituels, qui deviennent autant de barrières invisibles. Un obstacle sur le chemin, un silence gênant, tout devient signe d’une fracture.

La relation père-fille est délicate, marquée par des non-dits et un passé encombrant. L’auteur installe un doute permanent : est-ce que Manon perçoit la réalité, ou est-ce le fruit de ses propres angoisses ? Cette incertitude est le moteur principal de cette trame.

Le soupçon est palpable, et on comprend vite que la famille ne vit pas dans une bulle mais bien dans un univers où les regards se scrutent et se jugent.

Une atmosphère hitchcockienne pour une tension psychologique bien dosée

Les décors et les choix graphiques renforcent le climat de malaise. On est loin du blockbuster survolté, ici chaque case respire le poids des émotions retenues. La chaleur de l’été agit comme un catalyseur, exacerbant l’irritabilité et les conflits latents.

Les animaux – taupes, guêpes – jouent un rôle symbolique. Ils deviennent des manifestations physiques des émotions refoulées du père, son besoin de dominer ce qui l’entoure. Ces détails, anodins au premier regard, prennent du sens dans le contexte familial trouble.

Cet univers fait penser aux grands maîtres du suspense comme Hitchcock, où la banalité cache souvent un drame intense. Le Bec excelle dans l’art de capturer ce hors-champ inquiétant.

Le doute et le regard, leviers narratifs pour l’émancipation

Ce qui fascine dans «Les Singes», c’est cette idée que notre vision du monde est en partie héritée de ceux qui nous ont élevés. Yann Le Bec interroge la manière dont Manon tente de construire son regard indépendant, free de l’ombre paternelle trop envahissante.

Son combat n’est pas seulement contre son père mais contre une vision trop rigide de la vie. On suit son cheminement vers une autonomie fragile, portée par des questionnements réels sur ce qu’elle perçoit et ce qui la hante.

C’est là que réside la force du récit : entre polar et méditation, l’expérience intime devient universelle, et le suspens littéraire se double d’un cheminement intérieur.

Source: regardsprotestants.com

aurore lavaud

Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.

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