Les chroniques de la Grande Matinée avec Thierry Bellefroid : Plongée dans “Le Sanctuaire” de Laurine Roux
Chaque mercredi, Thierry Bellefroid nous offre un voyage au cœur des nouveautés BD. Cette semaine, il met en lumière un roman qui oscille entre poétique et nature sauvage. Plongeons dans “Le Sanctuaire” de Laurine Roux, un livre qu’on ne lâche pas facilement.
Le Sanctuaire de Laurine Roux : une immersion au-delà d’une simple robinsonnade
Dans un monde dévasté par un virus transmis par les oiseaux, une famille se retranche dans une zone montagneuse isolée pour survivre. Gemma, élevée dans ce refuge, suit des règles strictes sans jamais vraiment remettre en cause cet isolement imposé. Mais dès l’adolescence, ses envies d’évasion cognent fort à ces murs invisibles.
Le roman dépasse largement l’image classique du refuge. C’est une ode à la nature, certes, mais aussi une formidable plongée dans la complexité des relations humaines quand la pression extérieure isole et décuple les émotions. Laurine Roux décrit autant les paysages que les états d’âme avec une telle finesse que parfois le rythme semble suspendu.
Les paysages, un personnage à part entière
Un tiers des pages sont dédiées à des descriptions qui ne ressemblent pas à de simples décors. Ces paysages deviennent presque vivants, respirants, et entourent Gemma et sa famille d’une aura particulière. Chaque arbre, chaque rivière a son importance, comme un sanctuaire secret qui protège mais pose aussi des limites.
On sent très vite que Laurine Roux ne se contente pas d’un décor planté pour son histoire. Elle veut rendre perceptible le souffle de la nature, le moindre frémissement. C’est à la fois apaisant et déroutant, ça invite à ralentir, presque à respirer plus fort avec chaque mot.
Un révélateur des tensions familiales amplifiées par l’isolement
Dans cet écrin isolé, toute émotion s’amplifie. La famille, d’abord soudée par la lutte contre l’extérieur, voit ses liens se tendre. Gemma, jeune chasseuse et observatrice, est témoin d’une dynamique qui dérape doucement. La découverte d’un secret bouleverse l’équilibre précaire et déclenche des crises entre les personnages.
On comprend que Laurine Roux explore ici ce que l’enfermement peut faire aux relations humaines. Ce n’est pas juste survivre, c’est vivre ensemble avec ses contradictions, parfois sa colère ou sa peur. Assez rare pour être souligné, l’autrice fait preuve d’une grande justesse dans cette mise en scène.
Des personnages profondément humains dans leur complexité
Gemma n’est pas qu’une jeune fille isolée, c’est aussi une âme en quête de repères au milieu d’un chaos intérieur. Sa mère et son père portent chacun leurs douleurs, leurs choix parfois discutables. Tous incarnent une humanité fracturée mais sincère, loin des caricatures. C’est ce qui rend ce récit poignant et vrai.
L’écriture de Laurine Roux s’attache à décrire ces nuances. Elle donne à ressentir le poids du secret, des non-dits, et surtout l’urgence d’une liberté qui éclôt lentement malgré les contraintes.
Source: auvio.rtbf.be
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
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