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Galette sous haute tension : « Frangipane », la BD qui dénonce avec la fève bien placée

Par Aurore , le 10 janvier 2026 à 04:03 - 5 minutes de lecture
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La galette des rois devient le théâtre d’une bataille bien plus profonde qu’il n’y paraît dans « Frangipane », la bande dessinée d’Hervé Bourhis. Entre tensions familiales et fractures sociales, cette œuvre dépeint une France à cran. Une comédie dramatique au ton grinçant qui parvient à toucher juste.

Frangipane : quand la galette cristallise les divisions familiales et sociales

Dans un Bordeaux futuriste mais terriblement proche, la quête de la galette parfaite dévoile les fractures d’une famille et, par extension, celles d’un pays. Étienne et sa sœur Adèle, figures des désaccords politiques actuels, s’affrontent dans une course délirante à la dégustation. Cette galette à la frangipane devient un véritable prétexte pour exposer rancunes, rancunes, désillusions et espoirs ténus.

Plus qu’un simple dessert, la galette symbolise la tradition souvent bousculée par les temps modernes. Dans la BD, elle est le « McGuffin », ce prétexte narratif qui nourrit une satire fine et incisive. Hervé Bourhis joue avec le mot “frangipane”, sonnant étrangement comme “France”, pour mettre en lumière un pays divisé, dont le débat devient parfois impossible.

Une comédie dramatique à l’ancienne, mais profondément contemporaine

Inspiré par des figures comme Jean-Pierre Bacri, Hervé Bourhis construit une fresque où chacun des protagonistes reflète un visage bien connu de notre société. Le portrait du roi de la galette, à la fois couronné mais l’air abattu, illustre ce mal-être latent. L’auteur, avec son humour pince-sans-rire, replace la galette au cœur d’une ambiance sociale tendue, où la moindre prise de parole peut dégénérer en conflit.

Dans un climat où le dialogue est devenu rare, et les positions de plus en plus rigides, « Frangipane » invite à observer ces microcosmes familiaux qui reflètent la nation tout entière. Il suffit parfois d’un gâteau pour que les discussions dérapent et que les rancunes se déchaînent!

La BD qui ose mettre les pieds dans le plat

Ce qui rend « Frangipane » indispensable, c’est sa capacité à ne pas éluder les sujets tabous. Hervé Bourhis n’hésite pas à dresser la liste des « ingrédients » interdits à la table familiale – politique, convictions, mémoire douloureuse. Cette accumulation fait exploser la convivialité traditionnelle. La galette devient le terrain d’un choc des opinions et de générations.

L’oeuvre illustre aussi ce terrible constat : la société française ne trouve plus de terrain d’entente qui permette des échanges sereins. Le récit se déroule essentiellement lors d’une réunion dans un quartier, mais les tensions évoquées résonnent partout. La BD capte ce moment où la société ne sait plus comment dialoguer. Ce n’est pas un hasard si la date de parution précède les élections municipales de 2026, un contexte où les clivages s’aiguisent encore.

Si la satire est féroce, le traitement reste nuancé. Il ne s’agit pas de pointer uniquement la faute des autres, mais de montrer une impasse collective. La solution semble hors de portée, mais pas le rire – un remède salutaire contre le poids des rancunes. Un humour noir et doux à la fois, qui rappelle que prêter attention à l’autre reste indispensable malgré les blessures.

Jean-Pierre Bacri comme symbole d’une France en pleine crise

Dans « Frangipane », le personnage inspiré de Jean-Pierre Bacri, silhouette marquée et désabusée, incarne une France fatiguée. Couronné roi, il tire une tête de dix kilomètres. Cette ironie amère souligne les efforts vains pour trouver un point d’équilibre. C’est comme un film qui n’a jamais été tourné, un Bacri qui aurait traversé le temps pour exister seulement sur le papier.

Par cette figure, Hervé Bourhis rappelle que derrière les disputes, il y a une profonde tristesse collective. La galette n’est qu’un prétexte à mettre à nu ce malaise, pour que les lecteurs prennent conscience que la tension dépasse largement la simple querelle familiale.

Une œuvre à déguster sans modération

« Frangipane » n’est pas une BD comme les autres. Elle conjugue humour et gravité avec une maîtrise narrative impressionnante. Plus qu’une simple histoire de famille, elle sonde le cœur d’une société fracturée et fatiguée. Que ce soit lors d’une pause café ou d’un moment tranquille, cette BD interpelle et réféchit sur la façon dont on partage traditions et désaccords.

Dans un univers professionnel où les tensions doivent être gérées avec finesse, cette bande dessinée offre un éclairage précieux. Elle rappelle que derrière chaque désaccord, il y a une histoire, des émotions, de l’énergie à canaliser plutôt qu’à réprimer. Le dialogue reste le seul moyen d’éviter l’explosion, et « Frangipane » en est un excellent exemple.

Source: www.sudouest.fr

aurore lavaud

Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.

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