Fanny Michaëlis raconte ses origines dans sa bande dessinée « Et c’est ainsi que je suis née »
Dans sa nouvelle bande dessinée « Et c’est ainsi que je suis née », Fanny Michaëlis dévoile une histoire aussi profonde que singulière. Ce récit graphique mêle habilement conte et quête d’identité. Une œuvre qui explore avec sensibilité les racines et les liens familiaux.
Une naissance à l’envers pour révéler l’intime
La bande dessinée commence là où tout est à contre-courant : une jeune fille naît la tête à l’envers. Cette image forte, presque symbolique, instaure d’emblée un malaise sourd. Elle cristallise ce sentiment d’être différente, décalée, comme si l’origine elle-même portait une étrangeté insurmontable.
Sa famille n’est pas moins complexe : un père silencieux, presque absent dans ses expressions, et une mère à la voix forte, agitée et autoritaire. Ces profils opposés nourrissent autant la tension que le mystère autour de l’identité de la jeune fille.
Ce départ atypique invite le lecteur à une lecture qui va bien au-delà du simple récit familial.
Une bande dessinée qui allie conte philosophique et récit initiatique
Plus qu’une simple autobiographie, l’album de Fanny Michaëlis se présente comme un conte philosophique. Il interroge en filigrane la construction de soi, le poids du passé, et le rôle de la mémoire dans nos vies. Cette double lecture enrichit la portée du livre, donnant à chaque page matière à réflexion.
Le personnage principal traverse une forme d’insurrection intérieure qui, peu à peu, déborde vers le collectif. Ce basculement permet au récit de parler aussi bien de l’intime que des mécanismes sociaux qui façonnent l’individu. Il s’agit d’une invitation à saisir la complexité des relations humaines sans simplification abusive.
Un dessin au crayon noir, comme une empreinte de fragilité
Le style graphique retenu par l’autrice est tout en sobriété. Le dessin au crayon noir, sans fioritures, accompagne parfaitement l’atmosphère dense et parfois presque oppressante du récit. Ce parti pris esthétique traduit une économie de moyens, mais surtout une grande force émotionnelle.
Cette simplicité visuelle donne une texture presque tactile à la lecture, renforçant la proximité avec le lecteur. Par ailleurs, elle souligne le contraste entre la fragilité apparente et la puissance du cheminement intérieur.
Au regard de cette approche, l’univers graphique devient une clé essentielle pour comprendre l’intensité du récit.
Une œuvre qui s’inscrit dans une tradition familiale marquée
Il n’est pas anodin de souligner que Fanny Michaëlis a déjà exploré dans ses précédentes œuvres les traces laissées par l’Histoire. Son premier succès, « Le Lait noir », évoque l’exode de son grand-père juif berlinois durant l’entre-deux-guerres. Cette continuité donne à son travail une résonance particulière.
Dans « Et c’est ainsi que je suis née », on perçoit ce souci de l’héritage familial, non seulement en termes historiques mais aussi émotionnels. La bande dessinée devient ainsi un pont entre les générations, un acte de transmission à la fois fragile et puissant.
Entre silence et tempête : un équilibre fragile à déchiffrer
La dynamique familiale dessinée est celle d’un contraste permanent. Le père, presque mutique, semble porter un poids lourd sans pouvoir le verbaliser. La mère, au contraire, déploie une énergie brute, parfois déstabilisante. Cette opposition nourrit l’intrigue et la complexité psychologique.
Dans le rôle de responsable des ressources humaines, on sait combien ce genre de tensions familiales peut influencer la construction personnelle. Le récit donne à voir ce fragilité qu’on rencontre souvent dans la vraie vie et qui ne se résout pas toujours facilement.
L’album invite à entendre ce qui n’est pas dit, à faire de la place pour le non-dit qui structure nos relations.
Un message à la fois personnel et universel
Au fond, « Et c’est ainsi que je suis née » parle d’origine, de désaccord et de réconciliation. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire individuelle, mais d’un miroir dans lequel chacun peut se reconnaître. L’ouvrage rappelle que comprendre ses racines aide à forger un futur plus clair.
Fanny Michaëlis livre un témoignage éclairant sur la complexité du lien familial. Ce regard sincère résonne souvent dans le monde professionnel où gérer les différences et tensions est quotidien. Il n’y a pas de recette miracle, juste une invitation à l’écoute et à la patience.
Une belle leçon d’humanité incarnée dans une œuvre qui a l’audace et la douceur de raconter sans fard.
Source: lemans.maville.com
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
Commentaires
Laisser un commentaire