Écarté du festival de BD d’Angoulême, l’ex-organisateur envisage une action en justice
Le festival de bande dessinée d’Angoulême 2026 est déjà marqué par la controverse. L’ex-organisateur, Franck Bondoux, refuse de se laisser faire après son éviction. Il annonce une action en justice pour défendre ses droits.
Franck Bondoux conteste son éviction du festival de BD d’Angoulême
Franck Bondoux, à la tête de la société 9e Art+ depuis 2007, gère l’organisation du festival de BD d’Angoulême depuis près de vingt ans. Pourtant, il vient d’être écarté brutalement par l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA), qui a lancé un nouveau processus de sélection pour reprendre les commandes. La décision a semé le trouble, car pour Bondoux, il s’agit ni plus ni moins d’une « prise de contrôle unilatérale par les pouvoirs publics ».
Depuis plusieurs mois, Bondoux a essayé de dialoguer avec les autorités, espérant une transition sereine. Mais ses appels seraient restés lettre morte, ce qui nourrit aujourd’hui son sentiment de trahison. Alors que son contrat court officiellement jusqu’à fin 2027, cette décision apparaît injuste à ses yeux – la notoriété du festival, il l’a façonnée de ses mains.
Une bataille juridique annoncée contre l’Association ADBDA et le FIBD
Lors d’une conférence de presse tenue à Paris, dans un cadre chargé de symboles près de la gare Montparnasse, Franck Bondoux n’a pas mâché ses mots. Aux côtés de ses avocats, il a annoncé son intention de saisir la justice au tribunal judiciaire d’Angoulême. La plainte portera notamment sur des accusations de « concurrence déloyale » et de « parasitisme » à l’encontre de l’ADBDA.
L’objectif de Bondoux est clair : obtenir l’annulation du nouvel appel à projets initié pour définir la future gouvernance du festival. Il souhaite aussi empêcher l’organisation de toute autre édition qui viendrait concurrencer sa gestion au premier trimestre 2026. « En France, on ne s’approprie pas le bien d’autrui sans concertation », insiste-t-il.
Le FIBD, propriétaire historique du festival, soutient cette action. Dans un récent communiqué, l’association évoque l’« effacement » de l’héritage qui fait la légitimité du festival et l’impact négatif de l’annulation récente de l’événement officiel. Cette situation fragilise la confiance, surtout parmi les acteurs internationaux, note l’association.
Un festival annulé et un Grand Off en guise de palliatif, mais à quel prix ?
La 53e édition officielle du festival a été annulée début décembre, plongeant le monde de la BD dans un certain émoi. Pour ne pas laisser le vide s’installer, la ville d’Angoulême a lancé un Grand Off, une version alternative. Mais cette initiative ne satisfait personne pleinement et ajoute une couche de complexité au dossier.
Ce Grand Off se déroule en parallèle de la bataille judiciaire engagée. Franck Bondoux déplore qu’on veuille « recréer ex nihilo » une manifestation qu’il a contribué à faire grandir. Selon lui, ignorer ce passé bâtit sur deux décennies ne rend service à personne, ni aux publics, ni aux professionnels de la BD.
Dans ce contexte, la contestation judiciaire prend un relief tout particulier. Elle interroge sur la manière de gérer un événement culturel majeur en respectant le passé et les acteurs clés. Le festival d’Angoulême reste une référence mondiale, et sa gestion future engagera bien plus que des intérêts économiques.
Source: www.lefigaro.fr
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
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