eArt+ et l’association FIBD lancent une action judiciaire contre les pouvoirs publics via l’ADBDA pour défendre la bande dessinée à Angoulême
Le festival international de la bande dessinée d’Angoulême est au cœur d’un conflit juridique inédit. La société eArt+ et l’association FIBD viennent de lancer une action judiciaire contre l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA). Cette bataille vise à protéger un patrimoine culturel menacé par une volonté apparente de prise de contrôle par les pouvoirs publics.
Une bataille judiciaire pour sauvegarder l’identité du Festival d’Angoulême
À la tour Montparnasse, lors d’une conférence de presse, Franck Bondoux, délégué général du Festival et patron d’eArt+, a rappelé que le festival était géré historiquement par l’association FIBD jusqu’en 2006. Depuis, une crise entre acteurs privés et pouvoirs publics a profondément troublé la gouvernance.
Ce dernier dénonce une volonté claire des pouvoirs publics, notamment depuis la création en 2008 de la Cité Internationale de la Bande Dessinée et de l’Image, de prendre la main à leur avantage sur la gestion du festival. « C’est une tentative flagrante de capter un événement fondé sur vingt ans d’efforts » explique-t-il, refusant que ce travail soit anéanti brusquement.
Face à ce danger, les organisateurs historiques ont choisi la voie judiciaire pour empêcher l’ADBDA de lancer un festival concurrent en début d’année, invoquant des accusations de concurrence déloyale et parasitisme.
Concurrence déloyale et parasitisme : les arguments clés de la procédure
L’avocat Renaud Montini a expliqué clairement les motifs de la plainte : l’ADBDA reproduit un festival quasiment identique dans son cahier des charges, usant de la notoriété du FIBD sans aucun accord préalable ni respect des droits acquis. Cette copie, qualifiée de « service » illégitime, perturbe non seulement l’organisation mais nuit aussi à la réputation historique du festival.
L’assignation en référé vise à faire cesser immédiatement cette situation, le tribunal pouvant appliquer des mesures conservatoires si un trouble manifestement illicite est constaté. La démarche illustre l’urgence mais aussi la détermination des plaignants à défendre ce qu’ils considèrent comme leur héritage.
Le contrat en cours confirme que l’organisation d’eArt+ doit accomplir les éditions 2026 et 2027, remettant en question la légitimité d’une nouvelle structure sur la programmation et la gestion du festival pour ces années.
Les ressentiments entre acteurs et la place des auteurs dans la tourmente
Franck Bondoux évoque un climat tendu où certains acteurs publics et syndicats d’éditeurs cherchent à récupérer l’événement sans avoir mesuré la résistance des autrices et auteurs. Ceux-ci, engagés dans des formes de boycott, ont fait basculer la dynamique, rendant toute manœuvre plus compliquée.
Le festival est aussi un espace de débats sur la rémunération et le statut des auteurs, sujets très sensibles au Sénat et à l’Assemblée nationale. Ce contexte politique renforce la complexité de la situation en coulisses.
Il reconnaît un manque d’inclusivité à certains moments, notamment concernant la représentation féminine aux Grands Prix, ce qui a alimenté les controverses récentes et les mobilisations des autrices elles-mêmes.
Un héritage en péril, une équipe en danger
Les préparatifs financiers du festival ont exposé une fragilité importante : plusieurs centaines de milliers d’euros restent engagés par eArt+, dont des prestataires n’ont même pas été payés. Les collaborateurs actuels vivent une grande pression, certains critiques virulentes allant jusqu’au harcèlement.
Face à cet isolement de la part des pouvoirs publics, Franck Bondoux et sa famille expriment leur volonté de préserver non seulement le fonds de commerce mais surtout l’expertise et le travail humain accumulé depuis deux décennies. Leurs appels au dialogue sont restés pour l’heure sans réponse ni reconnaissance.
Ils souhaitent une transition apaisée, négociée avec les collectivités, qui respecte l’histoire et la valeur de cette manifestation culturelle d’envergure mondiale.
Source: www.bubblebd.com
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
Commentaires
Laisser un commentaire