Bandes dessinées marquantes pour les fêtes : « Le dernier costume n’a pas de poche » et « Ben Barka » dévoilent deux récits captivants
Pour ces fêtes, deux bandes dessinées se distinguent par la force de leurs récits et leur capacité à interpeller. « Le dernier costume n’a pas de poche » et « Ben Barka » offrent des perspectives puissantes sur des événements humains et historiques marquants. Ces albums invitent à la réflexion, loin des traditions festives habituelles.
« Le dernier costume n’a pas de poche » : L’émotion des routes migratoires en Méditerranée
Ce récit graphique nous plonge à Zarzis, petite ville tunisienne en première ligne de la tragédie migratoire. Le personnage principal, Chamesddine Marzoug, est un pêcheur quinquagénaire bien réel. Il accomplit une tâche bouleversante : donner une sépulture aux migrants morts en mer.
La bande dessinée raconte aussi l’histoire d’Abdoulaye, un adolescent guinéen échoué, perdu et à la recherche de sa mère. Son parcours est témoignage de l’errance, des risques, et des espoirs fragiles qui poussent ces jeunes à tout tenter pour rejoindre l’Europe.
L’album évite le sensationnalisme et délivre une vision brute, éclairée par les aquarelles poignantes de Paolo Castaldi. Ces couleurs donnent vie à une réalité difficile, pleine d’humanité, qui invite à comprendre la complexité de cette situation.
Un récit humain sans jugements
Le regard posé sur Chamesddine montre sa dualité : bénévole au Croissant Rouge, confronté aux refus de visa pour sa propre famille. Ce contraste soulève une question qui dérange : comment l’Europe peut-elle se fermer autant alors que des milliers risquent leur vie chaque jour ?
Ce livre subtil dresse un portrait réaliste, loin des discours politiques. L’espoir et la douleur s’y mêlent, évoquant la persistance d’une mer qui ne cesse d’engloutir des vies. La Méditerranée devient un personnage silencieux, lourd de drames.
« Ben Barka » : plongée graphique dans un mystère politique non élucidé
En écho à cette actualité lourde, cet album retrace la disparition énigmatique de Mehdi Ben Barka à Paris en 1965. Opposant au roi Hassan II, il fut enlevé en pleine journée dans Saint-Germain-des-Près et n’a jamais réapparu.
Les auteurs, David Servenay et Jacques Raynal, déroulent une enquête façon thriller, riche en personnages et rebondissements. Diplomates, policiers, espions tous gravitent autour de ce drame et dévoilent un monde d’ombres et de manipulations.
Le récit noir et blanc accentue le ton journalistique. La BD s’appuie sur des documents et témoignages soutenus par Bachir Ben Barka, le fils du disparu. Une plongée fascinante dans l’influence et les pouvoirs en jeu, toujours d’actualité dans certains cercles.
Un polar politique dense et éclairant
L’affaire Ben Barka reste une des plus grandes énigmes de l’histoire politique française et marocaine. L’album décortique les rouages de cette disparition, mêlant collabos, barbouzes, agents secrets et diplomates.
L’exposition des protagonistes et des enjeux montre comment la lutte pour le pouvoir dépasse souvent toute morale. Ce récit met en lumière un combat entre nations et idéologies, bien loin des projecteurs publics, mais vital pour comprendre le passé récent.
Pour choisir une bande dessinée à offrir cette année, ces deux titres ne laissent pas indifférents. Ils bousculent, interrogent et ouvrent les portes d’un dialogue nécessaire autour de faits majeurs, loin de toute superficialité.
Source: www.lepoint.fr
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
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