Bande dessinée : les espoirs d’une nouvelle capitale du 9e art à Angoulême
La bande dessinée traverse une période charnière à Angoulême. Le célèbre Festival international de la bande dessinée, véritable institution, a été annulé pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle. Ce bouleversement soulève bien des questions sur le futur de la capitale du 9e art et laisse place à de nouveaux espoirs.
Angoulême face à une crise sans précédent : l’annulation du festival
Mi-novembre 2025, la ville d’Angoulême apprenait avec stupeur l’annulation de la 53ᵉ édition de son célèbre festival. C’est un vrai coup dur pour cette ville qui se considère depuis longtemps comme la capitale mondiale de la bande dessinée. Depuis cinquante-trois ans, chaque dernier week-end de janvier, Angoulême vivait au rythme de cet événement incontournable.
Pour les habitants, la « bédé » n’est pas qu’un simple festival ; c’est un rendez-vous ancré dans leur quotidien. Ce spectacle culturel, mixé à l’effervescence économique locale, disparait avec cette annulation brutale, laissant un vide difficile à combler. Et pourtant, la vie culturelle ne s’est pas arrêtée net.
Ce silence temporaire du festival principal a poussé les forces vives de la ville à créer un événement alternatif: le Grand Off. Celui-ci a pris place du 29 janvier au 1er février, rassemblant artistes, groupes scolaires et curieux autour d’expositions gratuites et d’animations diverses, redonnant vie aux rues d’Angoulême.
Le Grand Off et les Fêtes interconnectées : un nouveau souffle pour le 9e art
En parallèle d’Angoulême, une quinzaine de villes européennes ont organisé des événements sous l’égide des Fêtes interconnectées de la bande dessinée. Ce mouvement, porté par Girlxcott, un collectif d’autrices issues de minorités de genre, s’oppose à la société 9e Art+ qui organisait jusqu’ici le festival officiel.
Cette mobilisation témoigne d’une dynamique qui dépasse largement les simples frontières charentaises. C’est aussi l’expression d’un désir de renouvellement profond. La bande dessinée, souvent perçue comme un art figé, semble prête à embrasser une nouvelle ère, plus inclusive et plus ouverte.
Les Fêtes interconnectées, disséminées dans plusieurs pays, traduisent cette volonté forte de se réinventer à travers un réseau européen solidaire, où se croisent diverses sensibilités et styles. Ce modèle alternatif pourrait bien dessiner la future carte de la capitale du 9e art.
Un avenir incertain mais porteur d’opportunités pour Angoulême
Alors, que va devenir Angoulême sans son festival historique ? Pour beaucoup, le calendrier post-2026 est un vrai casse-tête. Personne ne sait encore si le festival reviendra en 2027, ni sous quelle forme. Les tensions internes et les oppositions juridiques compliquent l’organisation.
Mais cette crise pourrait aussi être un levier de transformation positive. Le Grand Off a su prouver que la « bédé » sait se réinventer, toucher de nouveaux publics, et s’adapter aux attentes contemporaines. Ces initiatives ouvertes et gratuites ont fait place à un dialogue plus démocratique autour de la bande dessinée.
Angoulême pourrait en sortir grandie, en devenant un terrain d’expérimentation culturelle où se mêlent tradition et modernité. Le potentiel pour rebâtir une identité forte autour du 9e art est bien là, même si le chemin reste encore semé d’embûches.
Le rôle des acteurs locaux dans la relance du 9e art
La réussite du Grand Off repose avant tout sur l’engagement des habitants, associations, artistes et collectivités locales. Leur mobilisation démontre combien la bande dessinée est ancrée dans le quotidien d’Angoulême. Ce tissu humain, vibrant et passionné, reste la clé pour ne pas perdre ce qui fait l’âme de la cité.
En ce sens, la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image joue un rôle crucial. Cette institution majeure, reconnue comme un phare culturel et littéraire, pourrait s’affirmer davantage comme un moteur d’innovation et de réconciliation autour du festival.
Le défi est clair : coordonner ces forces, canaliser les énergies, et surtout écouter toutes les voix. Cela demande du dialogue et un vrai travail d’harmonisation, afin de trouver un compromis durable pour l’avenir.
Source: www.lemonde.fr
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
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