Angoulême : la fin d’une ère pour le festival de la bande dessinée, place à un tout nouveau rendez-vous culturel
Le traditionnel Festival international de la bande dessinée d’Angoulême vit une rupture majeure. L’édition 2026 est annulée, victime des tensions entre organisateurs et acteurs clés du monde éditorial. Une nouvelle page culturelle s’ouvre, portée par une autre association, avec l’objectif de reconstruire l’événement dès 2027.
Au cœur de ce chamboulement : le bras de fer entre l’association historique du FIBD et l’ADBDA, qui veut reprendre les commandes. L’enjeu n’est pas seulement d’organiser un festival, mais de sauvegarder la réputation d’Angoulême comme capitale mondiale de la bande dessinée.
L’annonce d’un appel à projets inédit marque le tournant décisif. Mais cette transition soulève bien des questions sur l’avenir de ce rendez-vous si emblématique.
Le Festival de la bande dessinée d’Angoulême face à une impasse en 2026
Depuis sa création, le festival a rassemblé auteurs, éditeurs et fans à la fin janvier. Cependant, cette année, les principales maisons d’édition ont choisi de boycotter l’édition initialement prévue du 29 janvier au 1er février. Le boycott est lié à des conflits avec la société 9e Art + et sa direction, très critiquée dans le milieu.
La conséquence immédiate fut l’annulation pure et simple de l’événement. Un coup dur pour la ville, les professionnels, mais aussi le public fidèle. Ces tensions ne sont pas nouvelles, elles reflètent bien plus qu’une simple querelle administrative.
Face à cette crise, les pouvoirs publics locaux et l’ADBDA, une association créée en 2017, ont décidé de reprendre le flambeau. Ce choix traduit une volonté forte de tourner la page, tout en conservant la vitalité culturelle d’Angoulême.
Réorganisation et nouvelle gouvernance pour le festival
L’ADBDA a annoncé le lancement d’un appel à projets, dont la clôture est fixée au 12 mars. Cette procédure vise à choisir une nouvelle équipe organisatrice, avec pour mission de produire un festival à partir de 2027. Ce renouvellement passera par une nouvelle identité visuelle, un nouveau logo et une autre approche organisationnelle !
Le calendrier est clair : les candidatures seront étudiées de mi-mars à début avril, avec des auditions en présentiel à Angoulême. Le jury sélectionnera l’opérateur qui devra gérer l’événement sur plusieurs années.
Il est notable que 9e Art +, pourtant très décriée, pourrait techniquement présenter sa candidature. La situation promet donc un bras de fer juridique… ou du moins une bataille d’influence intense.
Un nouveau modèle associatif pour une meilleure représentativité
Pour renforcer la légitimité de cette nouvelle phase, l’ADBDA a modifié ses statuts. Le nombre de membres est passé de 14 à 40, répartis en quatre collèges représentant les partenaires publics, les éditeurs, les auteurs et des personnalités qualifiées. C’est une démarche qui vise à équilibrer les pouvoirs et donner plus de poids aux acteurs culturels.
La majorité au sein de cette assemblée nouvelle revient désormais aux professionnels du secteur, ce qui marque un changement profond dans la gouvernance. Les pouvoirs publics ne détiennent plus la direction à eux seuls : c’est une avancée pour une gestion plus collaborative du festival.
Ce modèle pourrait aussi être un exemple pour d’autres événements culturels en quête de renouvellement et de transparence. Il n’est pas toujours simple de faire cohabiter tous les intérêts, mais l’écoute et la concertation sont indispensables.
Des alliances pour un festival ancré dans le territoire
L’ADBDA ne travaille pas en solo. Le projet s’appuie aussi sur des partenaires locaux forts : la Cité internationale de la bande dessinée, Magelis, ainsi que des écoles d’art et acteurs culturels. Le festival sera co-construit avec ces forces vives, ainsi qu’avec la population locale.
Cette approche vise à éviter les erreurs du passé, notamment le sentiment d’exclusion de certains professionnels ou habitants. En s’ouvrant davantage, le festival espère regagner confiance et attirer un public toujours plus large.
Enfin, le Grand Off prévu fin janvier, porté par différents collectifs, sera un prélude important. Cette contre-programmation témoigne d’une volonté collective de maintenir l’esprit festif malgré l’incertitude.
Source: actu.fr
Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.
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