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Angoulême 2026 : le Festival international de la BD frappé par un boycott inédit et finalement annulé

Par Aurore , le 30 janvier 2026 à 08:00 - 4 minutes de lecture
informations importantes sur l'annulation du festival d'angoulême 2026 : raisons, conséquences et mises à jour officielles.

Pour la première fois depuis 53 ans, le Festival international de la bande dessinée d’Angoulême ne se tiendra pas. L’édition 2026 a été annulée, conséquence d’un boycott massif d’auteurs, d’éditeurs et d’acteurs de la filière. Cette situation inédite plonge la ville et la profession dans un profond désarroi.

L’annulation crée un vide immense dans une ville qui vit littéralement au rythme du festival fin janvier. C’est plus qu’une simple manifestation culturelle : c’est un rendez-vous essentiel pour la communauté BD. Mais les problèmes internes et la crise de confiance ont eu raison de l’événement.

Dans ce contexte tendu, un “Grand Off” voit le jour pour éviter que la capitale du 9e art reste muette. Ce projet alternatif cherche à maintenir un souffle autour de la BD malgré l’absence de l’organisation historique.

Le boycott inédit qui fait tomber le Festival d’Angoulême

Tout a basculé fin 2025 avec le boycott annoncé par plus de 400 auteurs et autrices. Ils réclamaient le départ de la société 9e Art+, organisatrice du festival, accusée d’une gestion opaque et d’une ambiance toxique. Ce fut la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Les éditeurs, craignant un événement vidé d’artistes, ont suivi massivement. La société 9e Art+ a maintenu sa position, ce qui a précipité la décision d’annulation. Ce bras de fer inédit révèle des tensions profondes au sein de la filière, jamais vues à cette échelle.

Cette crise fait suite à des années de polémiques sur l’éthique, la rémunération des auteurs ou encore un management contesté. La chute du festival traduit un besoin urgent de réorganisation en profondeur.

Un séisme économique pour Angoulême et ses acteurs locaux

Le Festival n’était pas qu’un rendez-vous culturel, mais un moteur économique vital. Chaque année, près de 200 000 visiteurs remplissaient hôtels, restaurants et commerces. Cette édition annulée laisse un trou d’au moins 4 millions d’euros de chiffrés perdus.

Des acteurs clés comme les hôtels, les restaurants et la sécurité voient disparaître leurs revenus du jour au lendemain. Le Mercure, l’un des établissements emblématiques, perd la quasi-totalité de ses réservations en quelques jours.

Les libraires indépendants et créateurs en freelance ressentent le plus fort choc. Les dizaines d’expositions, rencontres et dédicaces attendues se retrouvent brutalement annulées, privant la BD d’un véritable temps fort.

Un “Grand Off” pour sauver la fête de la BD à Angoulême

Face à ce désastre, la municipalité a réagi rapidement en pariant sur un festival alternatif baptisé “Le Grand Off”. Il se tiendra aux mêmes dates sur des lieux municipaux et associatifs pour garder l’esprit BD vivant. La mairie injecte 500 000 euros pour soutenir cet événement.

Les professionnels locaux, auteurs, libraires et organisateurs bénévoles, se mobilisent pour faire vivre plus de 150 événements. Tout est gratuit afin de compenser la déception collective et de maintenir un lien fragile avec le public.

L’idée : ne pas laisser Angoulême morte à la période la plus importante de son calendrier culturel. Le Grand Off mise sur la solidarité et la créativité pour panser des blessures encore ouvertes.

Un avenir bouleversé pour le Festival et la ville

Les mois à venir restent une période d’incertitude. L’ADBDA, association mandatée par les pouvoirs publics, se charge désormais de piloter la construction du futur festival. Elle rassemble élus, éditeurs et auteurs pour éviter un nouvel échec.

Mais les critiques continuent sur la gestion et le choix des acteurs. Certaines voix appellent à l’utilisation plus forte de la Cité de la BD, véritable institution publique riche de ressources. Ce débat sur la gouvernance reflète la fragilité actuelle.

Le maire, conscient des enjeux, promet que la “capitale mondiale de la BD” ne s’éteindra pas. Pourtant, il faudra du temps et bien du dialogue pour rebâtir la confiance, tant cette crise aura laissé des traces.

Source: www.lepelerin.com

aurore lavaud

Aurore Lavaud est responsable RH dans une entreprise industrielle spécialisée dans les tubes plastiques. Appréciée pour son écoute et son sens du dialogue, elle excelle dans la gestion des conflits et le lien humain. Accessible et posée, elle incarne une approche des RH ancrée dans le réel. En dehors du travail, elle est capitaine d’une équipe de badminton qu’elle entraîne deux fois par semaine.

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